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mercredi 19 novembre 2014

LES 50 ANS DE L'OENOTOURISME EN AUSTRALIE

 L'exemple de  La HUNTER VALLEY EN AUSTRALIE

(Là où la Vigne et l’œnotourisme  ont  commencé)

Le New South Wales est la deuxième région productrice d’Australie. Parmi les sous-régions comme Griffith (la moitié de la production de la région),  Mudgee, Orange, Canberra District, c’est la Hunter Valley, qui est la plus connue car historiquement elle est liée à l’implantation de la vigne sur tout le continent.C’est en effet en 1788  que les premiers plants de  vigne  arrivent  avec les premiers colons. Arthur Phillip, officier anglais, pionnier de l’installation en Australie  y établit  le premier vignoble commercial en 1817 et produit environ 900  hectolitres de vin par an dès 1827. En 2010 la Hunter Valley compte 4 500 hectares de vigne. Située en Nouvelles Galles du Sud, à proximité de Sydney, la Hunter Valley bénéficie d’un climat semi-tropical, caractérisé par des températures caniculaires et d’importantes précipitations de janvier à avril. La région est réputée pour son Sémillon à faible degré (9°) et au fort potentiel de vieillissement.

1964-2014 : 50 ans d'oenotourisme
C’est aussi dans la Hunter Valley que l’oenotourisme en Australie a pris forme. Dans les années soixante (63/64) les vignerons perçoivent le besoin d’ouvrir des boutiques dans leurs wineries afin de satisfaire les besoins des premiers touristes qui viennent déguster et qui veulent cultiver leurs connaissances sur le vin. C’est aussi vers cette époque que lors des plantations on commence à signaler au bord des vignes le nom du cépage planté. Jusque dans les années 80, le vin en vrac constituait la part principale de la production australienne. La tendance s’est inversée et depuis les producteurs ont œuvré pour améliorer la qualité du vin et conquérir de nouveaux marchés. Le sémillon et la syrah y ont acquis leur lettres de noblesse : «  Le Semilon de la Hunter et la Shiraz sont une chose qui n’a pas d’équivalent en aucune autre région » dixit  Anthony Gismondi et « le Semillon de la Hunter Valley est l’unique cadeau de l’Australie au vin du monde » selon Jancis Robinson. 



C’est ce qu’on nous a expliqué au Domaine Lake’s Folly Wineyards à Pokobin qui se targue d’être le premier domaine à avoir ouvert en 1963 une boutique de tourisme avec aussi des Cabernets  plantés à cette époque et des Chardonnay de 1969.


Tourisme et vin
Avec le temps le tourisme s’est développé et autour de la ville de Cessnock qui est un point de départ pratique pour aller à la découverte ce ne sont pas moins de 140 domaines qui peuvent accueillir le touriste. Il faut dire qu’à l’image du continent on n’a pas fait les choses à moitié ! Ici tout est grand. Tout d’abord au départ arrêt au Centre d’information des visiteurs de la Hunter Valley qui, depuis 1975,   informe sur tout ce qui se visite, se déguste et a un rapport avec le vin dans la Région. Un office de Tourisme sur le Vin aussi vaste qu’un supermarché, avec tous les domaines présents par leurs cuvées et de la documentation sur toutes les activités et animations de la Région


VISITE DES DOMAINES
Puis il faut aller ensuite à la visite des domaines, tous plus grands et beaux les uns que les autres avec des caveaux de dégustation de la taille d’un hall d’aéroport, avec des vignerons présents sous les portraits de leurs ancêtres, fiers de leur tradition et des vins qu’ils vous font goûter avec la forte conviction de faire le meilleur vin du monde ( y compris le champagne !). En Australie, il est indispensable d’irriguer pour produire du raisin. Les vignobles sont irrigués essentiellement par des systèmes de goutte-à-goutte. C’est pourquoi chaque domaine possède son lac de rétention d’eau qui sert aussi d’aménagement paysager et de lieu de balades parfois artistiques (sculptures). L’irrigation permet de maintenir la végétation et  de réguler les rendements, mais également d’améliorer la qualité du raisin. De nombreux domaines possèdent un restaurant sur place avec en plus du caveau des boutiques et des fois un hôtel, quand ce n’est pas un village tout entier en miniature. Ce sont de vraies destinations touristiques à eux tout seuls !
 Quant aux dégustations elles sont soignées, originales et à la demande du client , toujours avec le sourire, on a toujours l'impression de rendre service en dégustant le vin du vigneron et si en plus on l'apprécie c'est le bonheur pour lui. Tout est mis pour vous mettre à l'aise et vous permettre de faire votre choix , comme ces sets de dégustation ( photo) 

Ça c’est pour le vin mais cela serait un peu juste pour attirer du monde et dégager un tant soit peu de rentabilité.


ACCUEIL ET ANIMATION

Et là où l’oenotourisme est le plus développé ici c’est dans l'accueil, la communication et l’événementiel.
N’oublions pas que la Hunter Valley n’est qu’à 120 kilomètres de Sydney. A Sydney tout est prévu pour vous amener ici. Train, bus, avion, circuits organisés «  clés en main » d’1,2 ou 3 jours , il y a l’embarras du choix. La Hunter Valley est devenue une destination à la mode reconnue ( 9° des 10 meilleures destinations mondiales –USA Today 2014*). Il est en effet de bon ton dans la société de Sydney de se marier, de fêter un anniversaire ou une réussite par l’organisation d’une manifestation dans l’un des magnifiques hôtels de la région ou dans les chais. On est sûr, en plus,  de trouver sur place des dégustations de vin  mais  aussi de chocolat ou de fromage très organisées, des cours de dégustation, de cuisine, des concours de golf , des festivals de musique , de la country au classique en passant par l’Opéra et le Jazz qui sont devenus des références nationales , drainant des festivaliers par milliers qui n’ont pas à chercher bien loin ce qu’il leur faut boire. En 4 mois de la saison ( mars-juin) on peut compter près de 30 manifestations – certaines sur plusieurs jours ou semaines : de l’exposition au festival de chocolat, du marché des produits artisanaux au salon de la caravane ou celui du bateau ou de la pêche…. Des galeries d’art (sculpture, peinture) par dizaines , tous les sports ( golf, cheval, tennis, etc..) peuvent être pratiqués, du bien-être, spa, piscine, massage tous les désirs peuvent être comblés sur place.

Oenotourisme en Australie
Chaque année des millions de touristes visitent une winery en Australie (2.5 millions en 2009). Ce chiffre est en croissance régulière de 2 à 5% par an depuis 10 ans. Le chiffre d’affaire global lié à l’oenotourisme est estimé à plus de 7 milliards de dollars. Pour les 10% des plus de six millions de touristes étrangers (en 2011), cette visite constitue une escale incontournable de tout voyage tant le vin est associé à l’Australie. Les visiteurs internationaux dépensent d’ailleurs plus que les australiens. Ce tourisme international est dominé par le Royaume-Uni, les USA et les voisins néo-zélandais. Les régions les plus populaires pour les touristes internationaux sont la Hunter Valley du fait de la proximité de Sydney (21% des visites), Margaret River (16%), la Swan Valley (15%), la Yarra Valley (13%) et la Barossa Valley (11%). Pour les touristes australiens qui représentent 1.8 millions de visiteurs, les régions privilégiées sont la Hunter Valley (16% des visites) Margaret River (16%) et la Barossa Valley (7%). En matière d’infrastructure pour recevoir les touristes, sur les 2400 «wineries» du pays en 2010, 1650 possédaient un caveau de vente, 500 un restaurant et 200 des possibilités d’hébergement. **


 Le modèle australien 
Quand on voit ce que l’Australie arrive à proposer en oenotourisme dans un pays dont l’histoire où le vignoble n’a que 200 ans on imagine ce que la France pourrait proposer avec son histoire (et son patrimoine) doublement millénaire et celle du vin aussi. Pour atteindre une telle offre on se doute bien que d’importants capitaux ont été engagés. Ne serait-ce que le bâti avec des milliers de mètres carrés d’espace de dégustation, de commerces, de restauration, de musées, qui a un coût élevé. Et c’est là que le modèle australien doit être étudié. En effet grâce à des incitations fiscales, la mobilisation de financements publics ou privés a été un point fort pour la filière australienne. Elle a comme conséquence d’intéresser les investisseurs privés (fonds de pension, cabinet d’avocats, investisseurs immobiliers privés et institutionnels). 

A quand en France l’incitation à investir dans le vignoble  autrement qu’en achetant quelques pieds de vigne ? 


M.Olivier

L’HÉRAULT PRIX RENÉ RENOU 2014 RECOMPENSE

Marc Olivier , président et André Deyrieux , chargé de mission de l'AEFO ont participé à la remise du Prix René Renou au département de l'Hérault le 14 novembre dernier....

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L'AEFO est en effet partenaire du prix René Renou, créé il y a 7 ans par la FIJEV et l'ANEV pour  mettre en avant la collectivité « ayant le mieux œuvré, au cours de l’année écoulée pour la défense et la promotion du patrimoine culturel lié à la viticulture ». Le projet autour du vin récompensé peut être d’ordre éducatif, environnemental ou oenotouristique mais doit avoir  valeur d’exemple et de reproductibilité par d’autres collectivités. Ce qui est bien le cas de l’Hérault  récompensé cette année pour sa politique viticole et notamment pour ces réalisations originales que sont :
L’Observatoire Viticole
Le Conseil général de l’Hérault  a créé en 2003 l’Observatoire viticole, véritable outil d’information, au service des viticulteurs. Ses objectifs: l’échange de données et l’aide à l’orientation des stratégies. Une première étape, destinée aux professionnels.





Les Vincoeurs
En 2011, le Conseil  général a souhaité aller plus loin dans sa volonté de soutenir la filière en axant ses actions de communication sur une valorisation de l’image des vins de l’Hérault à travers les femmes et les hommes qui les font naître via un événement phare : le Grand Prix des Vincoeurs 

L’Œnothèque à Pierresvives
 Il s’agit avec cette opération de valoriser l’image des vins de garde du département, mais aussi d’améliorer la notoriété globale des vins de l’Hérault et du Languedoc. Cette œnothèque est aussi l’occasion de favoriser les échanges techniques entre vignerons dans le cadre de notre observatoire viticole 

Une étude IFOP sur l’image des vins du Languedoc .
Pour affiner sa politique sur l’image des vins, le Département a commandé via un marché public, une étude sur l’image des vins du Languedoc. Objectifs : se doter de résultats chiffrés qui permettront à la filière de concevoir une stratégie , accompagnée par le Département.




Photo : de g à d - Henri Cabanel, sénateur, vice président du Conseil général de l'Hérault ; André Deyrieux, AEFO et Directeur de Winetourisminfrance ; André Vezinhet, Président du Conseil général de l'Hérault ; Francis Fabre, Secrétaire général de l'ANEV ; René Moreno, Président des IGP 34 ; Marc Olivier, Directeur Honoraire de l'ANEV, membre de la FIJEV, pdt AEFO.


lundi 29 septembre 2014

LES CABANONS D'UNE AUTRE PROVENCE...

1. En Languedoc on appelle ces constructions des Capitelles, des Cadoles en Saône et Loire et en Champagne, des  Cabotes ( en Côte d’Or)  .  Il y a bien d’autres appellations ....     (voir ICI ).

Mais plus communément dans l’Enclave des papes et dans  tout le Pays « Une Autre Provence » on les appelle  des « cabanons ».  Les propriétaires «  s’en servaient, selon le cas, comme abri où se reposer pendant les travaux dans les champs ou les jardins, voire pour y dormir s'ils habitaient loin, comme remise où entreposer des outils, comme grangette où serrer provisoirement les récoltes, comme écurie pour un âne ou un mulet, comme bergerie pour un quelques moutons. Certains cabanons desservaient une parcelle où le propriétaire avait installé des ruches …..Les cabanons étaient généralement fermés par une porte en bois. Certains disposaient d’éléments de confort intérieurs : cheminée, niches, étagères, fenestron, citerne, etc. »  Wikipédia ( cabanon)

Aller à leur découverte est aussi une approche Œnotouristique du vignoble bien qu’aucun circuit n’existe encore ( Il y en  a dans le Diois..). En voici quelques spécimens……
M.OLIVIER

2.à BUISSON (84) et à CAIRANNE(84)


3. à VISAN (84) et à VINSOBRES (26)



4. à TULETTE (26) et à ROCHEGUDE (26)





5. à SAINT-PANTALEON (26) et à  MIRABEL aux baronnies (26)



6.à VALREAS (84)




jeudi 25 septembre 2014

PEINTURE ET VIN

  

Peinture et vin ont toujours fait bon ménage et l’on sait que nombre de grands peintres ont souvent été inspirés par le Vin , par sa mythologie ( Bacchus), par sa culture. La peinture est une approche qui permet d’attirer le consommateur dans les domaines et caves mais aussi un moyen de communication sur les différents supports qui s’offrent au vigneron. Inventaire non exhaustif des possibilités. De barriques à pieux de vigne….
M.Olivier

Beaucoup de toiles reproduisent des scènes de vendanges, d’agapes ou de personnages et dieux ayant attrait au vin. Mais si dans l’antiquité ces représentations se limitaient aux statues, aux instruments de service, coupes, Oenochoé ( pichet à vin ) , amphores ou aux mosaïques dans les maisons, au fil du temps les supports sont devenus plus variés. Et chaque année on découvre de nouveaux endroits et supports où l’art peut s’exprimer.

Barriques
Jusqu’à il y a peu, le tonneau (inventé par les Celtes au 3ème siècle avant J.C) n’avait qu’un rôle utilitaire : celui de conserver le vin. Depuis quelques années il est de bon ton d’exposer des barriques richement décorées. Le domaine de Pech Haut ( Gérard Bru) dans l’Hérault ( à St-Drézery) possède la collection la plus connue et la plus diverse: elle avoisine à l’heure actuelle la centaine de pièces, et comptera in fine quelques cinq cents barriques. Cette collection est née de l’initiative de son propriétaire qui envoya la totalité du contenu d’une barrique à l’un de ses amis artistes, en échange de la lui retourner (vide)  habillée par  celui-ci. Depuis des artistes de la Région ou français et étrangers se sont essayé à l’exercice ( de Paul Bocuse à Chantal Thomas ou Jean-Claude Dreyfus) . Pour Gérard Bru, il n’est en aucun cas question d’en vendre une seule, leur place est aux yeux de tous ceux qui veulent les voir, soit dans des lieux d’exposition, soit au sein d’un musée. Depuis de nombreux artistes se sont essayés au support pour des mécènes, tonneliers ou vignerons, provoquant des expositions de par le monde toujours appréciées.
Photos : - barriques du Puech-Haut :


Bennes à vendange

Cairanne  peut  s’enorgueillir  d’avoir depuis  2013 les plus belles bennes à vendange de l’Appellation toute entière. Un nouveau support a donc été inventé cette année là à Cairanne : les bennes à vendange. Aussi étrange que cela puisse paraître c’est une réussite ! L'idée de départ était de créer un évènement grand public, pendant les vendanges, sans le concours des vignerons ceux-ci étant en pleine période d’activité. La particularité de « Vendanges d'artistes» s'articule autour des bennes à vendange confiées à des étudiants de l'Ecole Supérieure des Beaux Arts de Nîmes (ESBAN) comme supports de création pour des œuvres aussi originales qu'éphémères. D’autres écoles de Beaux-arts (Angers) et des écoles de Cairanne ainsi que des artistes individuels se sont essayé à l’exercice .   En début septembre les bennes colorées sont  mises en exposition sur la place du village. Et  un palmarès des « Vendanges d'artistes »  y est  proclamé.  Les visiteurs de Cairanne  peuvent  ainsi admirer les vingt cinq bennes pendant toute la période des vendanges, car elles   circulent aléatoirement  sur les routes de la commune et comme on dit familièrement «  à chaque jour suffit sa benne… ».  Photos :   les bennes de Cairanne

B.I.B ©
Les Vignerons Ardéchois avaient choisi en 2009 de  laisser carte blanche à l’interprétation d’un créateur, le peintre Sgarra  . Les Vignerons Ardéchois, en partenariat avec le Conseil Général et l’Agence de Développement Touristique,  avaient choisi 6 des 17 "Villages de Caractère" de l’Ardèche pour illustrer les nouveaux habillages de leurs  conditionnements. Le pari était de  valoriser avec modernité le terroir de l’Ardèche en l’associant à la richesse de son patrimoine. En quelques semaines, Sgarra avait accompli une performance : nous faire sourire devant ce petit cube de carton, qu’au lieu de cacher au fond d’un placard, on a envie de voir, de revoir, et même d’exposer tellement il est joli ! C’est ainsi qu’on transforme un objet utile en œuvre d’art ! 6 villages avaient pu ainsi être représentés : Alba-la-Romaine pour les  Pinot noir et Syrah, Antraîgues pour le Gamay, Balazuc le Merlot, Banne le Cabernet Sauvignon, Labeaume le Gris de Grenache et le  Cabernet et Vogüe pour les  Sauvignon, Chardonnay et Viognier. Plus petites que les barriques originales, le Domaine de Puech-Haut (voir plus haut) édite des «  BibArt » qui  sont en tôle peinte et aussi estampillées et numérotées pour offrir aux acquéreurs la possibilité de les collectionner à leur tour.  Le BibArt propose cinq litres de vin. Il est réutilisable ou peut-être réutilisé comme seau à glaçons ou rafraichisseur de bouteilles ! Photo : les BIB© de Sgarra


Bouteille et Verres






Avec la bouteille, depuis le 18° siècle on a découvert un nouveau support et de nombreuses caves et domaines ne se privent pas pour offrir à leurs clients de magnifiques bouteilles et magnums richement décorés. On peut même demander une décoration personnalisée. Avec la bouteille,  les verres sont aussi un support très prisé.





 Étiquettes

Avec la bouteille est apparue l’étiquette. Au milieu du XVIIIe siècle apparaissent les
premières étiquettes manuscrites, encore très laconiques où l’on voit inscrit à la main l’année et le lieu d’origine. L’invention de la lithographie en  1799 et son perfectionnement au début du XIXe siècle, en facilitant la reproduction des dessins les plus raffinés et les plus exubérants, sont à l’origine de l’essor de l’étiquette et font la part belle à l’invention artistique Une des plus belles collections d’étiquettes est celle   du  Château Mouton Rothschild qui demande à un artiste célèbre d'illustrer l'étiquette de son grand cru. Ces derniers ne sont pas rémunérés, mais reçoivent du vin de deux millésimes différents, dont celui qu'ils illustrent. Cocteau, Picasso, Dali, Braque, Miro, Chagall ont participé au challenge.
Photo   - l’étiquette du  réalisateur américain de cinéma John Huston en 1982 pour Mouton Rothschil

Pieux de vigne en ardoise , un support rare.


Une exposition a eu lieu 2011/2012 dans les caves de tuffeau de la Société  Ackerman pour mettre  à l’honneur les pieux de vigne   au sein de sa galerie   nommée l’eXpérience. Les traditionnels pieux de vigne en ardoise, mémoire du vignoble angevin, sont revus et corrigés par Didier Marsault  « Je récupère, je casse, je mélange les formes, les couleurs, j’ajoute, j’intègre, je colle... le pieu d’ardoise se transforme entre poteau balise, pilier, totem ! » explique l’artiste installé à Trélazé dans la proche banlieue d’Angers. Ackerman a démontré là une fois encore que ses caves, patrimoine exceptionnel, sont vraiment un bel espace de culture, de découverte et d’échanges. Un support unique en France ! Photo : les pieux de vigne peints










mercredi 25 juin 2014

L’AEFO accompagne les... Vincoeurs !



L’AEFO se sent un peu vainqueur aujourd’hui, ou plutôt Vincoeurs. 



Le label Vignobles & Découvertes du Pays de Thau a en effet été récompensé par un Vincoeurs, dans la catégorie "Aventure". 

C’en était une en effet, le Pays de Thau étant le premier territoire de l’Hérault à être labellisé – et il est encore aujourd’hui le seul, même si d’autres projets sont en cours.

L’AEFO, et son expert André Deyrieux, ont accompagné depuis le début Thau Agglo et ses partenaires pour la mise en œuvre d’une synergie de territoire autour d’un positionnement  « Vignobles et Saveurs », et la démarche de labellisation Vignobles & Découvertes. 

Ils restent actifs auprès de la destination pour l’organisation d’Assises annuelles de l'Œnotourisme et du Terroir, l’accompagnement de rencontres et d’éductours, ainsi que pour la mise en œuvre d’un grand événement oenotouristique du pays en 2015.



Le Concours Vincoeurs, créé en 2011, récompense chaque année les professionnels qui prouvent qu’ils savent relever le défi de la mondialisation du vin en créant des projets innovants et ambitieux. Il témoigne de l’engagement du Conseil général de l’Hérault envers la filière viticole.

 



mardi 3 juin 2014

Assises de l’oenotourisme en Pays de Thau



La 4ème édition des Assises de l’oenotourisme et du terroir en Pays de Thau se déroulera le 5 juin à Mireval (Centre Léo Malet). Elles seront animées par André Deyrieux, de l'AEFO.

Le Pays de Thau est la première destination héraultaise labellisée Vignobles & Découvertes, labellisation pour laquelle le Pays de Thau a été assisté par l'AEFO.


La matinée du 5 juin sera consacrée au bilan des nombreuses actions réalisées en 2013 et au programme 2014-2015.

L’après-midi sera consacrée à un Café des Patrimoines qui mettra l’accent sur les patrimoines viti-vinicoles du territoire. Ils sont en effet les composantes-clés d’un oenotourisme à haute valeur ajoutée, exprimant l’authenticité du terroir.
Porteurs d’histoires originales, ils sont à même de susciter l’intérêt du visiteur, d’enrichir l’expérience oenotouristique qui lui est offerte et de marquer sa mémoire.
Trois types de patrimoines exemplaires seront présentés : la géologie et les terroirs viticoles avec Jean-Claude Bousquet ; le patrimoine architectural viticole et les coopératives, avec Jean-Michel Sauget, spécialiste de l’Inventaire du Patrimoine Culturel de la Région ; le patrimoine ampélographique, avec Blaise Genna du Conservatoire de l’INRA à Vassal.

Pierre Verdier, Président d’Iter Vitis France, présentera enfin cet itinéraire culturel européen dont est membre le Pays de Thau.

vendredi 28 mars 2014

PRAGUE : LA VIGNE DE SAINT VENCESLAS

En sortant de la visite du monument le plus visité de Prague – le Château – les  touristes  tombent sur une  vigne cultivée, qui, selon la légende, est l’une des plus anciennes de République tchèque. 

Si sa culture a été longtemps abandonnée elle a été remise en production en 2008 par son propriétaire Jaroslav Hykl. Le raisin de la vigne de saint Venceslas, du nom de son fondateur, est donc de nouveau vinifié et les premières vendanges ont été réalisées pour la première fois en 2011. 

Mais son rôle ne se limite pas à la production, son attrait œnotouristique est indéniable….Cet exemple pourrait servir à de nombreuses villes qui possèdent une vigne dans leur patrimoine et qui n'en tirent pas tous les bénéfices....
Marc OLIVIER.

Une tradition viticole
Fondée dès le Xe siècle par celui qui allait devenir le patron de la nation tchèque, la vigne de Saint Venceslas servait d’abord à la production de vin de messe pour les églises chrétiennes de Prague et de ses environs.
Elle est aujourd’hui la plus vieille vigne de Bohême, et, bien que très petite, elle représente prés de 2000 ans de tradition viticole. C’est en effet dans les années 276-282 après J.-C., sous le règne de l’empereur romain Marcus Aurelius Probus que la culture de la vigne se développe en Moravie.
Des archéologues ont trouvé sur le site de Pálava des outils pour la viticulture appartenant à des légionnaires romains qui cultivaient la vigne dans cette région il y a 17 siècles !

Rôle de la Vigne de Saint Venceslas
La Vigne remplit plusieurs rôles parfaitement mis en valeur par ses concepteurs et nouveaux propriétaires.

Un rôle tout d’abord historique vu son origine et esthétique car elle est située sur un coteau d’où l’on a une vue imprenable sur la vieille ville de Prague, la  Vltava et  tous ses ponts. C’est le bonheur absolu pour les photographes et les peintres.

Ensuite un rôle œnotouristique important. En effet au cœur de la vigne se trouve une belle villa, la Villa Richter construite vers 1830 (et qui a connu bien des propriétaires illustres – du réalisateur Otakar Vavra à l’ambassade de Cuba en passant par le STB, la police secrète du régime communiste). Elle  abrite maintenant trois restaurants  dans un même lieu : Piano Nobile (cuisine gastronomique- créative), Piano Terra (cuisine tchèque traditionnelle) et aussi la Panorama Pergola (bistrot à vins) où il est possible de déguster, face au merveilleux décor, les meilleurs vins du Pays.

La vigne est complantée en deux cépages principalement un blanc et un rouge : le riesling du Rhin et le pinot noir. Ce sont en quelque sorte les deux symboles qui représentent  la viticulture du Pays. Le pinot noir  en  hommage à l’empereur Charles IV, lui qui a ramené ce cépage de France en Bohême au XIVe siècle.  Et le  riesling, car  c’est un cépage qui s’adapte bien tant aux conditions géologiques qu’atmosphériques. Le Château de Prague  est en effet  construit sur du schiste, et le riesling est un cépage idéal pour des régions septentrionales.  Enfin, le long du chemin panoramique, qui redescend vers la ville  sont également cultivés un pied de vigne de chacun des trente-cinq cépages dont la culture est autorisée en République tchèque pour la production de vin. Ils ont pour nom pour les plus connus Veltelin, Müller Thurgau, Riesling du Rhin      Sauvignon blanc, Riesling d’Italie, Pinot blanc, Traminer,  Muscat de Moravie, Chardonnay, Pinot gris pour les blancs et Saint- Laurent,  Pinot noir, Zweigeltrebe, Cabernet sauvignon, Limberger, Merlot, Portugais bleu pour les rouges. C’est le dernier rôle de la vigne , un rôle pédagogique.    
  
Le Vin de la Vigne de Saint Venceslas
 
La première vendange de la vigne a eu lieu en 2011. Les conditions climatiques ayant été favorables elles ont permis un premier vin prometteur. Mais si elle est l’une des plus anciennes du pays, la vigne de saint Venceslas, avec ses 2.100 pieds, est aussi l’une des plus petites.  Ses propriétaires ont décidé de se baser symboliquement sur le calendrier pour le nombre de bouteilles.  La première vendange a donc produit 2011 bouteilles en référence au millésime. Et 2012 l’année suivante, et ainsi de suite.  Et malgré sa rareté qui fera sa particularité, c’est promis, le président de la République, qui siège au Château de Prague, ne sera pas le seul consommateur du vin de saint Venceslas.
Avis donc aux amateurs de passage à Prague…


La viticulture en République Tchèque
La République tchèque compte 2 régions de viticulture avec au total 6 sous-régions. Une région en Bohême avec les deux sous-régions de Mĕlnik et Litomĕrice (env. 4%)  et la région de Moravie avec les quatre sous-régions de Znojmo, Mikulov, Velké Pavlovice et de la Slovaquie morave (env. 96%)  soit au total 311 communes viticoles et 20.220 cultivateurs (env. 0,9 ha/cultivateur !). La plus grande commune viticole est Velké Bílovice et compte 1062 viticulteurs  pour 803 ha de vigne!
Un peu moins de 16 000 hectares de vignes sont cultivés dans le pays (contre 30.000 hectares au Moyen-âge). La production de vin atteint actuellement 580.000 hectolitres (31 hecto/ha) et pourrait atteindre env. 750.000 hectolitres.

2012 n’a pas été une année particulièrement bonne pour les viticulteurs tchèques. Ceux-ci ont en effet récolté un total de 59 900 tonnes de raisin, soit 30 % de moins qu’en 2011, qui avait été cependant une année favorable avec une production de 670.000 hectolitres de vin  produits, soit environ un tiers de la consommation annuelle en République tchèque (source Ubifrance).

La consommation de vin en  République Tchèque se situe à environ 23 l/pers. ! (Les tchèques boivent surtout de la bière !). La République tchèque exporte une petite quantité de vin en Slovaquie, Russie, France, Allemagne et Espagne et importe du vin de l’étranger en nettement plus grande quantité !