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Article Publié: 3 Juin 2026 Temps de lecture: 3 min
Le Courier Picard – 3.06.2026
Avec 150
hectares cultivés, les Hauts-de-France redeviennent une terre viticole
Fait peu connu du grand public, le territoire des Hauts-de-France est une terre viticole riche en calcaire propice à l’épanouissement de la vigne. Le passé de la région le rappelle. « Il y a 150 ans, on cultivait des vignes dans la région. Entre Amiens et Montdidier dans la Somme, il y avait 200 hectares de vignes. Sur Noyon et Beauvais, dans l’Oise, il y en avait 3000. On en trouvait également sur Saint-Quentin et Château-Thierry dans l’Aisne. Des épisodes de gel ont détruit cette vigne. Cela a ensuite affecté les rendements et rendu la production pas rentable », développe Martin Ebersbach, ingénieur agricole de formation et viticulteur dans la région d’Ailly-sur-Noye (Somme), où il cultive 6 hectares de vignes implantées sur un coteau argilo-calcaire orienté plein sud et protégé au nord par une forêt. C’est là qu’il produit chaque année 25 000 bouteilles de vin blanc effervescent vinifié en méthode champenoise au Vignoble des Vœux, sur les terres de l’exploitation agricole familiale.
Martin Ebersbach, ingénieur
agricole de formation et viticulteur dans la région d’Ailly-sur-Noye (Somme),
où il cultive 6 hectares de vignes implantées sur un coteau argilo-calcaire.
Ce retour des vignes dans la région date
de moins de dix ans. C’est en effet en 2016, à la suite d’un nouveau dispositif
d’autorisations de plantation de vignes, y compris pour produire
des vins sans indication géographique,
c’est-à-dire sans AOC ni IGP, que les Hauts-de-France sont redevenus une terre
viticole.
« Ce changement de réglementation a
concerné les Hauts-de-France, la Normandie et la Bretagne », souligne
Martin Ebersbach, également vice-président des Vignerons indépendants des
Hauts-de-France. Peu à peu, les surfaces viticoles gagnent en surface.
« Dans les Hauts-de-France, hors champagne dans l’Aisne, il y a environ
150 hectares de vignes cultivées », comptabilise le vigneron samarien.
Deux principaux groupements de
vignerons
Cette surface viticole est
essentiellement cultivée par deux groupements de vignerons : l’association
des Vignerons indépendants et le collectif « Les 130 » créé en 2023
et initié par Ternoveo, un négoce agricole. Il regroupe 52 vignerons
représentant actuellement 83 hectares de chardonnay.
Quant à l’association des Vignerons
indépendants des Hauts-de-France, elle rassemble 16 vignerons répartis sur 35
hectares de vignes avec des exploitants implantés dans la région de Lille, à
Saint-Omer et Lens dans le Nord – Pas-de-Calais, ainsi qu’au sud d’Amiens et
dans les environs de Péronne pour la Somme, puis à Beauvais et Senlis dans
l’Oise. On en trouve également entre Saint-Quentin et Tergnier dans l’Aisne.
Réchauffement climatique
Comme pour les cultures de céréales
moissonnées en moyenne un mois plus tôt en été, le réchauffement climatique a
un impact sur les vendanges, également avancées par rapport au calendrier
historique. « Aujourd’hui, on vendange entre mi-septembre et mi-octobre.
Il y a 50 ans, on n’aurait pas pu vendanger les vignes au degré de maturité que
l’on obtient actuellement », constate Martin Ebersbach. Les vignes
plantées dans les Hauts-de-France ont donc de beaux jours devant elles, même si
la notoriété du vin produit a encore du mal à franchir les frontières de la
région.
Vigne aux pieds du château de Coucy-le-Château.( PLINE - Wikipédia)